Les industries culturelles et créatives

Encore jugées comme secondaires en terme d’économie et d’emploi il y a une dizaine d’années à peine, les Industries culturelles et créatives (ICC) font aujourd’hui l’objet de nombreuses politiques européennes, nationales ou régionales qui reconnaissent leur impact positif sur la relance économique, sur l’identité et l’attractivité des territoires.

La révolution numérique est bien sur passée par là, apportant son lot de nouveaux champs de création, nouveaux usages et nouveaux modèles économiques. La créativité a servi à la création de valeur en dehors des secteurs culturels : design, mode, services numériques… et plus largement dans l’ensemble de l’économie.

La feuille de route de la stratégie Europe 2020 est claire : développer une économie fondée sur la connaissance et l’innovation, dont la culture sera le levier, grâce notamment à sa faculté d’alimenter et régénérer les industries traditionnelles et de créer de nouveaux biens et services.

ESSnet Culture (2012) définit les Industries culturelles et créatives comme « tous les secteurs dont les activités sont basées sur des valeurs culturelles et/ou artistiques et autres créations artistiques, que ces activités soient marchandes ou non-marchandes, quelque soit le type de structure, et quelque soit son mode de financement. Ces activités incluent le développement, la création, la production, la dissémination et la préservation des biens et services qui incarnent des expressions culturelles, artistiques ou créatives, ainsi que des fonctions liées telles que l’éducation ou le management. Les secteurs culturels et créatifs recouvrent entre autres l’architecture, les archives, les bibliothèques et musées, les métiers d’art, le cinéma, la télévision, les jeux vidéo, le multimedia, le patrimoine culturel matériel et immatériel, le design, les festivals, la musique, la littérature, les arts de la scène, l’édition, la radio et les arts visuels. »

Cependant, le champ des ICC n’a pas fini d’évoluer. Les activités deviennent de plus en plus multidisciplinaires et hybrides, et ne cessent de jeter des ponts vers les autres secteurs de l’économie.

La Wallonie et Bruxelles disposent depuis fin 2014 des résultats précieux d’une étude sur le poids économique des Industries culturelles et créatives sur leur territoire. Menée par l’IWEPS, qui a mandaté l’ULB, cette étude inédite est une demande des gouvernements de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie en vue d’orienter les politiques futures. (Télécharger l’étude)

L’accès au financement des ICC

En Europe, 80% des ICC sont des PME de moins de 10 personnes qui génèrent ensemble à peine 18% du chiffre d’affaire annuel du secteur. Les grandes entreprises sont marginales (moins d’1%) mais génèrent plus de 40% du chiffre d’affaire annuel. Le phénomène du « missing middle » démontre la difficulté pour les ICC de croître. Les PME doivent faire preuve de dynamisme, de stratégie, de flexibilité et de prises de risques par rapport aux opportunités d’un marché qui, dans les ICC, est caractérisé par une demande volatile et des prévisions difficiles.

Les secteurs de la culture et de la créativité ont tendance à se financer à court terme, soit des produits financiers qui coûtent cher. Le souci de garder la maîtrise de l’indépendance créative est souvent un frein à l’ouverture de leur capital aux investisseurs.
En Belgique, plus de 75% des ICC recourent principalement aux fonds propres et seulement 46% recourent à des sources de financement externes, qu’à 88% elles estiment difficile d’accès. Bien sûr, les habitudes de financement diffèrent entre les secteurs « culturels » (largement soutenus par le public) et les secteurs « créatifs » (à vocation davantage commerciale).

En 2010, le Livre Vert, libérer le potentiel des Industries culturelles et créatives jetait les bases d’un des grands défis de la stratégie européenne : faciliter l’accès des PME dans les ICC au financement. L’Europe faisait ainsi appel aux politiques pour adopter une approche intégrée et stratégique pour favoriser le développement des ICC.

Les mécanismes pour stimuler l’investissement privé sont multiples, parmi lesquels les leviers fiscaux et l’extension des systèmes de garantie au secteur des ICC sont identifiés comme les plus efficaces. Ils sont d’ailleurs centraux dans le programme Creative Europe (2014-2020). Une meilleure connaissance du marché et des méthodes de valorisation des actifs immatériels sont d’autres approches qui augmenteraient l’attractivité des ICC auprès des investisseurs. Enfin, un accompagnement adapté des créatifs dans le management de leur business et la recherche de fonds est essentiel pour une rencontre réussie entre créatifs et financeurs.

(Voir les sources)

En Belgique francophone, le fonds ST’ART a été créé fin 2009 pour apporter directement une solution de financement aux entreprises, mais également, et plus largement, pour œuvrer, en collaboration avec d’autres partenaires, à la réflexion et à la mise en place de nouvelles solutions de financement qui sollicitent des investissements publics et privés.

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